Alter et ego...
les autres et moi,
l'autre et moi,
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Itinéraire d'une ouverture
à soi et vers autrui Aventure relationnelle vers la maturité...

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"Si tu ne comprends pas ton ami en toutes circonstances, jamais tu ne le comprendras"

Khalil Gibran

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Quelques lignes qui furent à l'origine de ce journal :

«Je suis maintenant devenue effrontément désinvolte avec les confidences. Quel contraste, et quel soulagement !
Avant, je croyais qu'en parlant de mes problèmes j'allais dévoiler mes vulnérabilités... montrer mes faiblesses... et oui, je pense même que j'en avais honte. Pourtant... pourtant ! n'est-ce pas justement faire preuve d'une sorte de force que d'être transparent ? Je dirais même que cette transparence me rend plus forte. Je ne camoufle plus, j'expose. Je ne refoule plus, je mets à jour. Je n'enfouis plus, je mets à vif.
C'est devenu ma libération »

"L'extraordinaire liberté
de la désinvolture"
L'Incrédule - 3 octobre 1999












Autoprotection





Samedi 5 novembre 2016


Le hasard des clics m'a conduit sur le billet d'une blogueuse revenant sur les temps anciens. Elle y évoquait un épisode auquel j'avais jadis participé, n'imaginant sans doute pas que je pourrais la lire après autant d'années. J'ai hésité à me manifester sur ce site plutôt discret, puis l'ai fait par souci d'honnêteté. Je n'avais pas envie de profiter de l'invisibilité... et pensais utile que ladite blogueuse sache que si moi je la lisais, d'autres pouvaient le faire. D'autres dont elle aurait peut-être préféré qu'ils ne le fassent pas...

Quelques heures plus tard le billet en question était expurgé de tout son contenu "sensible". Visiblement mon intervention a déclenché une prise de conscience.

Il est certain qu'avant de s'exprimer sur des sujets potentiellement dommageables il vaut mieux mesurer la portée de ce que l'on dévoile. Est-on prêt à "assumer" ses dires face à d'éventuelles critiques, jugements et intérprétations ? Est-on prêt à déclencher des courroux, à blesser ou être blessé ? Si on ne l'est pas, abstenons-nous. C'est ainsi que la tonalité de mes écrits s'est peu à peu transformée, s'ajustant à mes capacités à endurer l'exposition intime. L'intimité profonde ne s'y exprime plus guère. J'ai pensé, un temps, que c'était regrettable. Ce n'est sans doute pas le cas. D'une part j'ai appris à intérioriser les pensées qu'autrefois j'exprimais, d'autre part le "travail" de dévoilement-conscientisation a porté ses fruits. Autrement dit : si je ne m'exprime plus beaucoup c'est parce que je l'ai beaucoup fait auparavant ! Je ne suis pas dans la retenue : le barrage à cédé depuis longtemps. Les réflexions s'écoulent librement, avec fluidité, sans délai. Il n'y a plus de blocages majeurs.


Blocages ?
Il y a quelques jours, ma mère, qui perd assez rapidement ses capacités physiques (maladie de Parkinson), ma raconté que son neurologue attribuait cette dégénérescence à des causes psychologiques. C'est parce qu'elle n'aurait pas réglé certains problèmes que son corps réagirait ainsi. C'est du moins ainsi qu'elle m'a présenté la chose. J'ai immédiatement pensé aux conversations que nous avions, il y a une douzaine d'années, lorsque moi-même étais en pleine thérapie analytique. Elle était un peu intriguée, se montrant à la fois suspicieuse et intéressée. Tantôt admirative face à ce que j'avais entrepris, tantôt dubitative face à ces "psys" qui feraient apparaître plus de problèmes qu'ils n'en résoudraient. Pour résoudre cette ambivalence elle avait conclu que, de toutes façons, pour elle il était trop tard pour entreprendre ce genre de travail. J'avais tenté de lui faire entendre qu'il n'était jamais trop tard, mais sans succès. Je n'ai pas insisté. Sauf qu'
il y a deux ou trois ans elle s'y est finalement mise... mais sans vraiment adhérer à la démarche, me semble t-il. Elle cherchait à dire ce qui conviendrait à la psychologue, comme s'il y avait une sorte de parcours balisé. Aller fouiller au fond du tréfond, dire ses vraies souffrances, c'était pas trop son truc. Je crois qu'elle avait peur de ce qui pourrait en sortir...

Et voilà que son neurologue lui dit que cette retenue pouvait être une des causes de sa maladie ! Je me suis abstenu de lui rappeler nos conversations passées mais je pense qu'elle les avait en mémoire.

Mes parents vieillissent et leur autonomie s'amenuise. La dégradation est assez rapide, laissant de plus en plus clairement entrevoir des solutions d'aide à mettre en place. Ils se soutiennent l'un l'autre autant qu'ils s'épuisent à se supporter. Ces deux-là n'ont jamais sû régler leur dynamique bancale de couple. Lorsque je vais les voir, pas une seule fois je n'ai pu éviter de sentir leur jeu de culpabilisation insidieuse. L'un bourreau fragile, affectivement dépendant, l'autre victime consentante. Une solidarité... malsaine.

Si bien que je ne leur rends pas aussi souvent visite qu'ils aimeraient. Je me tiens un peu à distance de cette ambiance subtilement délétère, qu'aggrave encore le climat de plainte face à la vieillesse (la leur et celle de leurs amis), la perte de facultés, les traitements médicamenteux et examens médicaux divers. Je n'ai aucun plaisir à entendre cette litanie. Heureusement, nous arrivons quand même à avoir des conversations plus ouvertes. Comme je ne renchéris pas sur les aspects pessimistes, embrayant rapidement sur le monde extérieur, le plaisir à vivre, la sérénité de mon existence, nous parvenons à sortir du marasme qu'ils semblent se complaire à entretenir à deux. Je vois même, lorsque je les quitte, leur plaisir au temps passé ensemble. Ils m'en remercient avec une sincérité touchante. De mon côté il ne faut pas que ces moments partagés, fussent-ils accueillants, durent trop. Je n'ai pas la capacité de resister longtemps au pessimisme d'autrui, je le sais. Cela m'atteint, m'épuise, me mine.


Parfois je m'interroge par rapport à cette distance à l'égard de mes parents. Elle s'accroît. Je sais qu'ils aimeraient me voir plus souvent (ainsi que mes frère et soeurs, et que leurs petits-enfants) mais je ne ressens pas le même attrait. Je n'ai plus envie de me trouver confronté à des gens qui n'ont pas réglé leurs problèmes existentiels et les diffusent autour d'eux. Et surtout pas mes parents, malgré tout ce que je leur dois
[mais "doit"-on quelque chose à ses parents ?]. Car je porte encore les séquelles des problèmes qu'ils n'ont jamais réglé pour eux et au travers desquels j'ai dû trouver mon propre chemin. Je sais que leur génération n'était pas vraiment orientée "psy", surtout mon père, mais je n'ai pas envie d'en faire encore les frais aujourd'hui. D'un autre côté, si moi-même j'ai pu entreprendre une démarche d'auto-acceptation je le leur dois bien : ils m'ont forcément transmis quelque chose qui m'a conduit à me prendre en mains. Me voilà donc tiraillé entre la préservation de mon équilibre et une redevabilité filiale... que je n'ai pas envie d'accorder sans conditions. Je prends sur moi de ne plus évoquer le passé douloureux, qui les culpabilisait, ni revenir sur tout ce que j'ai dû surmonter des traumatismes anciens, à jamais actifs, mais je les laisse régir tous les deux leur vie et leurs difficultés de couple vieillissant, aussi longtemps qu'il sera possible.

Ma gratitude envers les parents bienveillants qu'ils ont cherché à être ne saurait effacer le ressentiment
[la déception ? la colère ?] envers les adultes un peu lâches qu'ils ont été. Incapables de régler suffisamment leurs problèmes personnels, puis de couple, ils s'en sont accomodés vaille que vaille, sans vraiment mesurer ce qu'ils imposaient ainsi à leurs enfants. J'ai de l'indulgence envers les parents qu'ils ont été, faisant de leur mieux, mais nettement moins pour les individus qui ont transmis, sans en prendre vraiment la mesure, les conséquences de leurs névroses. Devenu adulte à mon tour, père puis grand-père, mari puis homme autonome, j'ai du mal à accepter l'inertie dont ils ont fait preuve en matière d'introspection active et de dynamique de couple. Ces adultes-là, s'ils n'étaient pas mes parents, ne seraient pas des personnes que j'aurais plaisir à côtoyer. En tout cas pas en couple [m'apparaît là l'origine probable de ma remise en question du couple comme facteur d'épanouissement].

C'est raide ce que j'écris là...


Bon. Avec ce texte je suis passé de la libre expression de soi à l'autoprotection. Le lien n'est pas flagrant mais il est pourtant assez direct : être à l'écoute de soi, en conscience, en vue d'une action réparatrice-protectrice. Envers soi et pour autrui.

C'est en ce sens que j'ai entrepris, dès que j'en ai pris conscience, mon travail de "réparation". Pour ne pas "contaminer" mes enfants avec les problématiques dont mon enfance était chargée.






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